1906
Courières - Pas de Calais
Catastrophe du 10 mars 1906
Coup de grisou : 18000 victimes
Cherbourg Éclair du 30 mars 1906
"Une conférence a été faite
dimanche soir au profit des mineurs de Courières. Monsieur l'inspecteur
primaire avait choisi comme sujet "La vie de la mine". Avec son éloquence
habituelle, Monsieur Caron a fortement ému son auditoire en exposant avec
beaucoup de talent la vie des mineurs.
Le conseil d'administration du P.L.O. remercie bien sincèrement toutes les
personnes qui ont contribué à cette oeuvre de solidarité.
Monsieur le Maire d'Octeville fera le nécessaire pour faire parvenir cette
somme à qui de droit."
Presse du jeudi 13 septembre 1906
Patronage laïque
Les sociétaires sont informés qu'une excursion à pied, à Couville, aura lieu le dimanche 30 septembre. Un repas froid sera servi à l'école des garçons de Couville. Le prix de la cotisation est fixé à 1,00 F.
Presse du mardi 25 septembre 1906
Toujours à propos de la fête à Couville
"C'est une fête champêtre qui s'organise dans une charmante campagne. C'est aussi une fête laïque et républicaine."
"OCTEVILLE
EXCURSION DU PATRONAGE LAÏQUE A COUVILLE. - Le patronage laïque d'Octeville gardera longtemps le souvenir de son excursion à Couville. Favorisée par un temps splendide, elle a procuré à tous, grands et petits, complète satisfaction.
C'était un plaisir, pour nos jeunes gens qui, tous les jours, sont parqués ou dans les ateliers de l'arsenal ou dans ceux de l'industrie, de déambuler, libres, par la campagne, de respirer l'air pur et de jouir du calme des champs.
Il est trois heures, lorsque nous faisons notre entrée dans le coquet village de Couville. Les écoles sont pavoisées et au "Vive Octeville" qui se détache en lettres de verdure sur la façade de l'école des garçons, les excursionnistes répondent par "Vive Couville !"
Nous disposons d'une heure à notre gré et par groupes nous nous disséminons dans les chemins ombreux, en quête de quelques noisette !
Les quelques couvillais qui se rendent à l'église ou ailleurs, semble surpris de voir le calme qui règne partout.
Où donc sont les révolutionnaires annoncés ? Seraient-ce ces enfants, leurs mères, leurs sœurs qui, par-dessus les barrières, au travers des haies, admirent les belles pommes rouges qui, sous leur poids, feraient craquer les pommiers s'il n'y avait des "apias" ? "Ma foi, dit un brave homme, au passage, ils font moins de bruit que nos conseillis qui bèvent la moque tcheu Mourier".
Et c'est vrai. De la rue, on peut même entendre un homme dire en montrant du doigt l'école où tout à l'heure, pour remercier Couville, nos jeunes artistes offriront une fête aux petits écoliers et écolières : "Si je voulais, je la ferais fermer de suite".
On ne saurait être plus aimable, Monsieur.
Quatre heures sonnent ; la fin des vêpres aussi. Par un sentiment qui honore les organisateurs de l'excursion, il a été décidé que, ce jour là, l'école ouvrirait ses portes quand l'église fermerait les siennes. Nos bons artistes ont terminé leurs apprêts. Devant les petits paysans, ils veulent se surpasser. Comme ils vont rire et s'amuser !
Cependant, là-bas, à la sortie du cimetière, quelqu'un surveille. La défense formelle d'aller à la fête est renouvelée. Mais on est débrouillard à Couville. Fillettes et garçons feignent de prendre le chemin de la maison, et bientôt, de tous points, ils accourent ; "Il ne m'a pas vu ! Il n'en saura rien". La salle est comble. Le rideau se lève. Pauvres petits gars ! Ont-ils ri ? J'entends encore leurs menottes applaudir le soldat Pascal, les mendiants Soufflavide et Grattamort, l'Homme au claque, le Commissaire et ses Agents !
Toute fête prend fin. M. Hamel, vice-président du patronage d'Octeville, en l'absence du docteur Bizardel, empêché et excusé, fait entendre la bonne parole laïque ; et, au milieu des bravos de l'assistance, remet les diplômes de certificat d'études aux lauréats de l'année.
M. Luce remercie. Il prie le patronage laïque d'Octeville d'être le parrain du petit patronage Couvillais qui, bientôt, naîtra. Sa sollicitation était trop gracieuse pour qu'elle ne reçoit pas d'Octeville un chaleureux accueil.
Et voila pourquoi, prochainement, les deux jeunesses dans une nouvelle et fraternelle étreinte, affirmeront leur foi en l'idée laïque.
Il est l'heure de dîner. Une table de soixante couverts est servie sous les grands arbres de la cour. La meilleure gaieté se donne libre cours. Un concert est enfin vite organisé. Rires et bravos encouragent les bonnes volontés. Mais il est l'heure du départ. Debout, tous les convives entonnent la "Marseillaise", puis l'"Internationale". Aux cris de "Vive Couville", les excursionnistes regagnent la gare non sans avoir remercié M. Luce, M. Rouilloux, et Couville tout entier de l'accueil qui nous avait été réservé."