1904

 

En conseil municipal du 17 avril avril 1904, le docteur Bizardel obtient l'achat de 40 planchettes à dessin pour les cours des Amis des Écoles Laïques d'Octeville.

 

 

Avis dans la presse du mercredi 21 décembre 1904

 

"La société des Amis de l'École Laïque et le Patronage décident l'organisation de jeux d'intérieur tous les dimanches après-midi."

 

 

Cherbourg - Eclair - Décembre 1904

"Patronage cléricaux et jeunesse laïque"

Archives Presse de la Manche

 

"Ce qui, jusqu'à présent, a fait la force des cléricaux, c'est l'habileté avec laquelle ils ont su attirer la jeunesse. Ils n'ignorent pas que du moment où ils peuvent intéresser les enfants, les parents, surtout les mères, leur témoigneront toujours quelque sympathie. Ils s'assurent, de la part de ces derniers, tout au moins une neutralité bienveillante qui leur permettra de continuer leur oeuvre néfaste de d'obscurantisme et de réaction.

Grâce à leur profonde connaissance du cœur humain, ils savent bien qu'en inculquant à l'enfant leur doctrine qui fait des individus une pâte molle que l'on peut pétrir a volonté, il en restera toujours ce je ne sais quoi qui pousse l'homme à se livrer sans réfléchir à l'influence du prêtre dans tous les actes ; importants de la vie.

De là ces nombreux patronages religieux que nous voyons fonctionner à côté de l'église, et qui ne tendent qu'à développer chez le jeune homme ou chez la jeune fille cet esprit clérical dont l'hostilité à tout progrès humain se manifeste chaque jour.

Le devoir des républicains est de lutter avec énergie contre ces tendances. Au patronage clérical, ils doivent opposer l'Association de la jeunesse laïque. Ils ne suffit pas qu'une propagande incessante soit faite auprès des citoyens. L'adolescent, l'enfant doivent également, sinon plus, attirer notre attention. Là est l'avenir. Notre effort doit surtout porter de ce côté, et j'ai plaisir à voir que déjà l'œuvre si bien commencée par M. Lottin et que continuent d'une façon si brillante les membres de l'enseignement secondaire et primaire de Cherbourg, commence à porter ses fruits.

L'université populaire, fondée l'an dernier, fonctionne admirablement ; ses cours sont suivis d'une façon régulière par de nombreux jeunes gens, et les conférences qui vont avoir lieu sous ses auspices cet hivers seront vraisemblablement très appréciées.

A côté de l'Université populaire et sans nuire à son action, tout au contraire, fonctionnent ou vont fonctionner dans nos différents quartiers les associations de jeunesse laïques.

Nous avons surtout là à faire une oeuvre d'éducation républicaine et sociale dégagée de tout dogme, de toute doctrine confessionnelle. nous devons faire en sorte que les jeunes gens qui viendront à nous conservent toujours le sentiment de leur propre responsabilité, et, comme le disait si bien l'autre jour notre sympathique inspecteur primaire, M. Caron, nous ne cherchons point à leur imposer une volonté qui ne soit pas la leur, mais seulement à leur donner le sentiment de ce qui est bien, de ce qui est bon, de ce qui est beau, leut montrer là où est le devoir, leur montrer que ce devoir doit être rempli sans espérer d'autres satisfactions que celles qui résultent de son accomplissement. En un mot, en faire des hommes dont la morale ne soit basée que sur la science et la raison. Voilà l'œuvre qui s'impose à tous les républicains. Elle est assez belle pour retenir leur attention.

E. Lelong."